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Le bruit en locaux de travail

« Nous ne sommes pas tous égaux face au bruit. »

Le bruit est devenu aujourd’hui une nuisance à prendre sérieusement en compte.

L’évaluation de ce risque est obligatoire pour toute entreprise et il est important de savoir que des solutions doivent être mises en place pour lutter de manière efficace contre le bruit.

Travail encadré d'étudiant

Le bruit en locaux de travail

Définition :

Le bruit est un son, continu ou non, particulièrement gênant ou désagréable à entendre. Caractérisé par son intensité, en décibel (unité de mesure acoustique qui permet d’évaluer des intensités sonores), il peut avoir des conséquences physiques et psychiques graves sur les personnes.

Risques encourus, Population concernée :

  • Plus de 3 millions de salariés sont exposés sur leur lieu de travail à des niveaux de bruit potentiellement nocifs (source: www.inrs.fr).
  • Le bruit peut conduire à une surdité irréversible qui peut sous certaines conditions être prise en charge au titre de la maladie professionnelle (voir Tableau n°42). Mais sans aller jusqu’à cette incapacité le bruit est cause de fatigue, de stress, d’anxiété, de troubles de l’humeur et du sommeil, de problèmes digestifs, cardiovasculaires….

Les Bases réglementaires :

L’employeur prend les mesures de prévention visant à supprimer ou à réduire les risques résultant de l’exposition au bruit en tenant compte du progrès technique et de la disponibilité de mesures de maîtrise du risque à la source.

(Article R.4431-1 à 4, R.4447-1 du Code du Travail).

Valeurs limites d’exposition et valeurs d’exposition déclenchant des actions de prévention.

On distingue le niveau d’exposition quotidienne au bruit (moyenne pondérée pour une journée de travail de 8 heures) en dB(A) et le niveau de pression acoustique de crête (valeur maximale instantanée) en dB(C).

Valeur d’exposition à partir de 80 dB(A) ou 135 dB(C)

La détermination de cette exposition effective du travailleur au bruit ne prend pas en compte l’effet de l’utilisation de protecteurs auditifs (EPI).

  • information des travailleurs sur les risques et les moyens mis en place et notamment sur l’utilisation des protections individuelles
  • Mise à disposition des protections individuelle
  • le travailleur peut bénéficier à sa demande ou à celle du médecin du travail, d’un examen audiométrique préventif.

Valeur d’exposition à partir de 85 dB(A) ou 137 dB(C)

La détermination de cette exposition effective du travailleur au bruit ne prend pas en compte l’effet de l’utilisation de protecteurs auditifs (EPI).

  • mise en place d’un programme de mesures organisationnelles et techniques de réduction du bruit
  • signalisation des lieux concernés avec si possible un accès limité
  • utilisation obligatoire des EPI avec formation des travailleurs ayant accès à ces zones sur les risques et les moyens mis en place et notamment sur l’obligation de protecteurs individuels
  • surveillance médicale renforcée ayant pour objectif le diagnostic précoce de toute perte auditive due au bruit.

Valeur limite d’exposition : 87 dB(A) ou 140 (dB(c)

Valeur maximale à laquelle le travailleur peut être exposé. La détermination de cette exposition effective du travailleur au bruit tient compte de l’atténuation assurée par les protecteurs auditifs individuels (EPI) obligatoirement portés par le travailleur.

En cas de dépassement, l’employeur doit immédiatement prendre des mesures pour réduire l’exposition à des valeurs inférieures.


Les Mesures de Prévention :

1) Généralité :

L’employeur transcrit et met à jour dans un document unique les résultats de l’évaluation des risques pour la sécurité et la santé des travailleurs. Concernant le bruit, Il doit donc procéder à un mesurage du bruit auxquels les travailleurs sont exposés. Les résultats de l’évaluation des niveaux de bruits et du mesurage doivent pouvoir être consultés pendant 10 ans, et sont tenus à la disposition des membres du CHSCT, ou en cas d’absence des Délégués du personnel.

Nota : Le bruit fait partie des facteurs de risques de pénibilité au travail et à ce titre les conditions d’exposition doivent être consignées dans la « Fiche de prévention des expositions » 

2) prise en compte à la conception des locaux ou lignes de production

  • Mise en œuvre de procédés peux bruyants,
  • Choix d’équipements et matériaux appropriés  (matériaux absorbants)

3) mise en place de protections collectives :

Elles vont être mises en place selon 2 principes :

  • Lutter contre le bruit à la source.
  • Lutter contre la propagation du bruit dans les enceintes de travail.

Lutte du bruit à la source :

Le moyen le plus efficace pour lutter contre le bruit sur les lieux de travail est d’agir sur la source du bruit, c’est-à-dire le plus souvent sur la machine.

L’encoffrement consiste à placer la machine bruyante dans une boîte présentant un isolement acoustique élevé. Cette méthode est efficace si la machine est automatique ou nécessite peu d’interventions manuelles,  et l’encoffrement doit faire l’objet d’un entretien minutieux.
Toutefois, ce moyen peut-être techniquement difficile à réaliser.  Pourtant, il existe des solutions simples qui reposent sur :

  • L’ingéniosité : par exemple, l’emploi de lames de caoutchouc permettant de freiner la chute d’objets dans un réceptacle réduit fortement le bruit du choc. Le remplacement des pièces en métal par des pièces en plastique…
  • Un changement de technologie qui n’affecte ni les cadences, ni le prix de revient : par exemple, le rivetage par pression, presque silencieux, peut remplacer le rivetage par choc, très bruyant.
  • Des matériaux nouveaux : l’emploi de tôles amorties pour les structures métalliques d’une machine permet de réduire l’émission sonore due aux vibrations internes.
    Des dispositifs spécifiques tels que les silencieux d’échappement ou d’écoulement : L’installation de tapis antivibratoires sous les machines vibrantes va permettre d’absorber les ondes et d’empêcher la propagation du son.
  • La maintenance. L’entretien régulier, le remplacement des pièces usées d’une machine, vont également permettre de réduire le bruit.

Lutte contre la propagation du bruit :

Il existe des solutions qui permettent de limiter la propagation du bruit dans un local de travail, selon 3 niveaux :

  • L’organisation de travail : mettre en place des nouveaux modes de travail, limiter l’accès aux zones de travail bruyantes, maintenir en état les matériels.

Eloigner les travailleurs des zones les plus bruyantes, au moins pendant une partie de la journée. On peut aussi faire tourner les travailleurs entre des postes bruyants et non bruyants pour limiter l’impact du bruit.

  • Les équipements de travail : l’emplacement des machines et la manière dont elles sont installées peuvent contribuer à une réduction du bruit pour les travailleurs.
    Cloisonner c'est-à-dire mettre en place une paroi hermétique permettant de séparer l’ensemble des sources de bruit des opérateurs : cabine acoustique permettant d’isoler un ou plusieurs salariés du reste dans un atelier bruyant.
  • Les locaux de travail : insonoriser les enceintes de travail pour éviter la réverbération et la propagation du bruit : utilisation de matériaux et de revêtements spécifiques pour le sol, les murs, … ; utilisation de baffles acoustiques au plafond…

4) Les équipements de protection individuelle

En cas d’impossibilité d’éviter les risques dus à l’exposition au bruit par d’autres moyens, des protecteurs auditifs individuels appropriés sont mis à la disposition des travailleurs (voir le paragraphe ci-dessus « les valeurs d’exposition »)


* Rappels :

- L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent : des actions de prévention, d'information et de formation, ainsi que la mise en place d'une organisation et de moyens adaptés.
- Les membres du  CHSCT (ou lorsqu’il n’existe pas les délégués du personnel) : doivent :
- être consulté avant toute décision d'aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail ;
- être associés sur les actions de formations à la sécurité ;                                
- avoir accès au document unique d’évaluation des risques.

NOTA : Cette Fiche, destinée à tout public, a été réalisée par les étudiants du Master PRNT. Malgré l’encadrement de leur travail, des anomalies peuvent subsister. Dans ce cas, nous vous demandons de bien vouloir nous le signaler. Avec nos remerciements anticipés

Date de dernière mise à jour : 2013

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Le bruit en locaux de travail

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