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Soudeurs et fumées de soudage

Introduction

Du fait des hautes températures atteintes au point de fusion, les différents procédés de soudage et/ou coupage sont susceptibles d’émettre des fumées que l’opérateur et les personnes présentes dans l’environnement de travail peuvent inhaler.

Ces fumées, mélangées à l’air chaud, sont formées, en proportions variables suivant le procédé, de gaz et de poussières dangereuses pour la santé des salariés.

Les fumées de soudage ont une composition complexe, variable selon la nature des métaux (métal de base et métal d’apport) et des alliages soudés, le procédé de soudage les paramètres de soudage et les éventuels traitements de surface : présence de revêtement (peinture, …) ou de contaminants (graisses, huiles, solvant, …) sur le métal.

Les fumées de soudage comprennent deux fractions distinctes :

  • une phase gazeuse provenant essentiellement de la décomposition de l’air (CO, CO2, ozone, vapeurs nitreuses, phosgène, chlorure de dichloroacéthyle…) ;
  • une phase particulaire formée de fumées et poussières inhalables(<1μm) provenant du métal soudé et/ou du métal d’apport et/ou de l’électrode essentiellement sous forme d’oxydes (Aluminium Al, Béryllium Be, Cadmium Cd, Chrome Cr, Cobalt Co, fer Fe ; Manganèse Mn, Nickel Ni, Plomb Pb, Sélénium Se, Titane Ti, Zinc Zn…)

Depuis 1990, le CIRC (Centre international de Recherche contre le cancer) classe les fumées de soudage, quelque soit leur nature, comme agent cancérogène possible pour l’homme (catégorie 2B) et certains métaux ou leur composés sont classés cancérogènes (Cd, Cr, Co, Ni, Pb), mutagènes (Cd) ou Toxiques pour la reproduction (Cd, Pb) par l’Europe (classification européenne).

En France, c’est le respect de la VME de 5 mg/m3 pour la totalité des particules composant les fumées de soudage qui s’applique ; à noter que certains des constituants des fumées comme le chrome VI, l’oxyde de cadmium présentent également des VLEP qu’il convient de respecter.


Démarche de prévention

La démarche de prévention consiste donc à demander le captage des fumées à la source, et dans la mesure du possible dans une cabine de soudage (si la taille de la pièce à souder n’excède pas celle de la cabine).

Chaque fois que cela est possible, la question de la substitution du procédé en place par un procédé moins dangereux est à recommander ; dans ce cas, c’est le procédé MIG qu’il convient de privilégier à tout autre procédé, car la torche aspirante peut être utilisée. Par torche aspirante, on désigne une torche conventionnelle dont l’extrémité est équipée d’une buse d’aspiration des fumées. La torche aspirante est très efficace puisqu’elle permet de capter environ 80 % des fumées de soudage émises, en mettant en œuvre des débits d’extraction minimes (200 m3/h par torche).

Schéma d’une torche aspirante

Dans les cas où l’activité ne permettrait pas le recours à la torche aspirante et/ou certaines soudures devraient être réalisées au moyen d’autres procédés, et en absence de cabine de soudage, il convient de favoriser :

  • l’utilisation de tables aspirantes (adaptées à la forme des pièces) munies selon les cas de captation frontal (en partie arrière de la table) et/ou incorporé à la table elle-même (aspiration par le bas) la table étant constituée en fait d’une grille d’aspiration. Pour une efficacité maximale, sauf pièce de trop grande dimension, la zone d’aspiration doit être le plus encoffrée possible (écrans latéraux de chaque côté de la table) et la pièce à souder centrée au milieu de la table aspirante
  • l’utilisation de bras aspirants, à conditions de correctement les utiliser, c'est-à-dire de les repositionnés avant chaque utilisation ; en effet, dans la plupart des cas, les bras aspirants sont mal positionnés et donc l’efficacité de l’aspiration est très réduite. A poste fixe, le recours aux bras aspirants (fixé sur une potence réglable suivant la localisation du cordon de soudure) reste possible si d’autres solutions techniques sont inenvisageables (cabines, tables aspirantes, torche aspirante…) ou en attendant leur mise en place. Pour s’assurer d’une utilisation correcte par les salariés des bras aspirants (et donc de leur relative efficacité), il peut être judicieux de réfléchir à le coupler avec d’autres fonctions comme « l’éclairage », par exemple, obligeant ainsi le salarié à le le repositionné correctement avec d’effectuer sa soudure.

Dans tous les cas, il convient de s’assurer de l’existence d’une ventilation générale (en complément de la ventilation localisée).

Pour en savoir plus :

www.inrs.fr

  • ED 668 : Guide de ventilation – Soudage à l’arc
  • La Fiche d’aide au repérage (FAR) n°15 : soudage / brasage des métaux

CNAMTS : Recommandation R443 CNAMTS : soudage à l’arc électrique et coupage


Bras aspirant bien positionné :

Bras aspirant mal positionné :

Mise en garde s’agissant du recyclage

Le recyclage est à proscrire s’agissant des fumées de soudage, car il est pratiquement toujours mal maîtrisé et conduit à recycler une partie des agents CMR (particules ou gaz) dans l’atelier, ce qui va à l’encontre du premier principe de prévention en matière de risque chimique et CMR qui vise à abaisser le niveau des concentration en polluants à un niveau aussi bas que techniquement possible.

Attention les systèmes de recyclage ne sont pas toujours facilement détectables : la photo ci-dessous illustre un cas de recyclage à proscrire en atelier : le cas du bras aspirant à caisson mobile !!!


Caractérisation de l'exposition aux fumées de soudage en atelier dans le secteur du BTP

Cette approche multidisciplinaire visant à caractériser l'exposition aux fumées de soudage dans les ateliers du BTP montre en premier lieu, par la métrologie atmosphérique, plusieurs dépassements des VLEP pour des métaux (ou leurs sels) classés CMR, à savoir le Pb et le Cd. Des dépassements ponctuels des VLEP ont été également constatés pour le Fe, le Co, le Cr et le Zn. La biométrologie sanguine et/ou urinaire a retrouvé une imprégnation significative des soudeurs en métaux (particulièrement en Pb, Ni, Cr, Co).
Les tests de génotoxicité sur lymphocytes ont mis en évidence chez les soudeurs une altération accrue du matériel génétique comparativement aux témoins et une augmentation du taux de lésions primaires de l'ADN sur la semaine de travail.

L'exposition des soudeurs du BTP à des substances CMR est donc réelle.
Quelle prévention technique et quel suivi médical, pouvons-nous proposer pour ce groupe professionnel ?

Sommaire :

  • I- Introduction
  • II- Etude descriptive médico-professionnelle
  • III- Evaluation des risques chimiques par la métrologie atmosphérique
  • IV- Biométrologie et biogénotoxicologie
  • V- Conclusion

Document disponible

Date de dernière mise à jour : 30.09.2014

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